États d’Ame …

Jalousie, peur, angoisse … comment qualifier un sentiment qui vous prends aux tripes vous serre le coeur et vous renvoie à une spirale où votre esprit rejoue le passé : mise à l’écart, abandon, culpabilité, vulnérabilité, solitude forcée?

La solitude, quand elle est choisie, désirée et vécue comme un temps à soi est une bonne chose. Elle permet de se retrouver, de prendre soin de soi. Celle là doit être cultivée et recherchée chaque fois que nécessaire et voulu.

Mais il arrive que cette solitude soit subie. C’est difficile de faire correspondre les envies des uns et des autres, et dans une relation sentimentale cela reste plus compliqué encore. Il faut tenir compte de soi mais de l’autre aussi, de son propre besoin de solitude, son envie de partage. Et inversement.

Cela peut demander quelques concessions, afin de faire à peu près correspondre ces envies.

Ce que chacun est prêt à faire pour cela varie également. Pas toujours simple à accorder.

Et c’est là que le sentiment de peur, de jalousie peut naître. Parce qu’on ne comprends pas pourquoi l’envie de partage de l’autre ne correspond pas à la nôtre. Comment notre propre envie de passer du temps avec l’autre ne coïncide pas avec la sienne.

C’est difficile de lâcher prise face à ces déséquilibres et de ne pas les prendre pour soi. Surtout quand on vit une histoire dans le libertinage et que l’on sait l’autre en compagnie. On se demande pourquoi l’envie est d’être avec d’autres que soi, ce qu’il nous manque pour que son compagnon ait envie d’autres compagnies, quelle place ces personnes prennent dans sa vie, et quelle place nous avons nous dans la leur. Tant de questions qui, quand on manque un peu de confiance en soi, nous minent et nous mènent à la peur, le ressentiment, l’apitoyement sur soi et parfois même la colère ou une douleur terrible.

Parce que pour nous, et cela reste très personnel, il n’y a rien de plus important que l’autre. C’est un choix que l’on a fait sans que rien ne nous soit demandé mais c’est ainsi. Sauf que ce choix n’implique que notre propre volonté et n’implique pas une acceptation de l’autre ni une réciprocité.

L’accepter est difficile. On ne comprends pas pourquoi ce n’est pas réciproque. Est ce que l’autre nous aime autant qu’il le dit? Les « signes » ne sont pas les mêmes, on a du mal à déchiffrer à travers le prisme de notre vécut, on ne sait pas ce que l’autre estime être le symbole de son « attachement », on est perdus. Tout se brouille, les silences deviennent des signes, les mots sont réinterprétés, certains actes sont pris comme des trahisons et nous blessent profondément.

Travailler sur ça est un calvaire. Parce qu’on doit se forcer à plonger dans ses ombres. Dans ce qu’il peut y avoir de plus noir en nous, capable de nous torturer de questions et de certitudes. Parce qu’il faut prendre suffisamment confiance en soi pour faire confiance à l’autre. Aux autres puisque c’est également valable en amitié. Parce que malgré tout on ne peut construire cette confiance tout seul, elle se bâtit au contact des autres aussi. Et que le cercle peut très vite devenir vicieux au lieu d’être vertueux.

C’est douloureux parce que ça nous ramène sans cesse à l’impermanence des choses alors qu’on voudrait un peu de stabilité pour pouvoir souffler.

C’est douloureux parce que chacun a son histoire et que ce que l’on doit guérir est parfois si endommagé qu’il faut tout brûler pour reconstruire des bases saines.

Et personne ne peut le faire à notre place. Personne ne peut nous accompagner dans ce feu. Et cela renvoie encore à la solitude.

Cela demande une force incroyable. Que l’on n’a pas toujours. Qui est sapée par le quotidien, les pas en avant suivis de pas en arrière, la fatigue du corps, du coeur et de l’esprit en lutte perpétuelle.

La moindre petite victoire peut être balayée en un coup de vent par un mot, une interprétation … par une faiblesse. Et il faut recommencer encore et encore jusqu’à ce que la victoire, si petite soit elle, soit acquise.

C’est épuisant de lutter contre soi. Parce qu’on est juge et partie. Parfois sans concessions. Souvent perdu. Et pas moyen d’y échapper.

Et pourtant on continue. On s’acharne. On se bat millimètre par millimètre.

Parce qu’on sait que l’on n’a le choix qu’entre ce chemin ou celui de la résignation. Qui peut être un choix …

Ce n’est pas le mien.

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